Ce Jour Là
Un cône de pop-corn dans une main, l’autre main tremblante et en sueur qui serre celle de son père, et voilà que le petit Cédric que je suis pénètre dans ce qu’il appellera plus tard son monastère.
De la moquette, un bruit de fond, il fait sombre, les gens chuchotent, l’excitation monte. Mon père donne 2 morceaux de papier à une dame et nous rentrons tout doucement dans un endroit très étrange, magique, sombre, mais j’ai des étoiles pleins les yeux.
Je m’assois sur un fauteuil rouge très confortable, mange une poignée de pop-corn, mon cœur bat a 4000 à l’heure.
Soudain, l’écran s’anime, des personnages apparaissent, je découvre une histoire.
A la fin de l’histoire l’écran s’assombrit, des noms écrit en blanc défilent sur fond noir. Une larme coule le long de ma joue. Je ne fais rien, je ne bouge pas, je la laisse couler. Puis une deuxième et une troisième. Je pleure. Je pleure mais je suis content. Je regarde mon père qui ne comprend pas pourquoi je suis dans un tel état et lui dit tout simplement que c’était magique.
Ce jour là, j’ai compris qu’il y avait un monde dans le monde. Que je pouvais m’échapper et vivre tous mes rêves ! Un cinéma c’est comme une église. En tout cas, cela me fait la même sensation.
Ce jour là, je me suis mis à écrire tous mes rêves et à les vivre grâce au cinéma.
Ce jour là, j’ai compris ce que devait être ma vie.
Ce jour là, je savais que je voulais faire comme les gens que je voyais sur cet écran.
Ce jour là, j’ai compris ce que le mot passion voulait dire.
Ce jour là, j’avais 5 ans, et je savais déjà ce que je voulais faire de ma vie.
Cédric Gonella